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Chanceux comme un quêteux

Moonspell : Retour sur le concert avec Atrocity et Leaves’ Eyes

Yanick Klimbo Tremblay
20 février 2014

Le mardi 18 février 2014 aux Foufounes Électriques de Montréal

En tentant de stationner ma voiture près des Foufounes, j’ai bien vu cette foule opaque bien agglutinée. Des centaines de jeunes filles encerclaient le Metropolis pour tenter de se frayer une place confortable dans la salle pour voir de près la nouvelle sensation pop, Emblem 3. Il est tôt, très tôt pour un concert métal mais juste assez pour un truc bonbon.

Annoncée pour 18h45, cette soirée de métal à saveur internationale éveille en nous un sentiment de présence hâtive. Dès 19h00, nous ne sommes pas trop nombreux, comparativement à ce qui se passe quelques portes plus loin, pour entendre et voir la formation allemande Atrocity.

Malgré la maigre foule, la chanteur Alexander Krull s’offre en pâture comme s’il y avait une dizaine de milliers d’amateurs face à son imposante chevelure. Alternant dans les nombreux styles que le groupe chevauche depuis des décennies, Atrocity a su nous prouver la grande étendue de son talent musical tout en mettant l’accent sur leur dernier album, Okkult. Du métal industriel en grignotant le death métal de la vielle école en passant par des trucs plus sombres, Atrocity a bien saisi l’occasion pour nous meubler les 35 minutes allouées pour appliquer une bonne touche de variance avec des chansons comme Death by Metal, March of the Undying, Reich of Phenomena et Satans Braut.

Le délai fut très court entre la fin de la prestation d’Atrocity et le début de celle de Leaves’ Eyes. Le fait que les deux groupes se partagent les mêmes musiciens vient aider grandement dans le processus, Krull n’ayant que changé de chemise, les guitaristes de guitare et le batteur ne s’est appliqué qu’une couche d’anti sudorifique, probablement. Ne restait plus qu’à attendre la présence de la cantatrice et la table, à la « nappe de velours » bourgogne, était en place. Avec un métal qui combine l’opéra, en relation avec la voix cristalline de Liv Kristine, et une parcelle plus symphonique, je dois avouer que les amateurs du groupe en ont eu pour leur soif.

Charmante et coquette, Liv fait rêver les hommes et séduit musicalement les filles. Avec ses répliques amusantes entre les pièces, nul ne peut demeurer insensible devant cette dame. Elle et son époux, le titanesque Krull d’Atrocity, partagent la scène mais ce dernier ne semble jamais vouloir éclipser son épouse, lui laissant la grande majorité du peu d’espace disponible. Vantant notre température nordique qui lui rappelle sa Norvège natale, cette fleur sur deux pattes a même séduit ceux qui percevaient la présence du groupe comme futile sur cette tournée grâce à des chansons comme Take the Devil in Me, My Destiny, Elegy et Hell to the Heavens. La foule était conquise, charmée et enjouée, tout comme le groupe qui souriait, généreusement.

Avec une dernière visite qui ne remonte qu’à quelques mois, Moonspell rendait donc un second coup d’œil à leur doublée, Alpha Noir/Omega White. Même mise en scène initiale que lors du périple avec Marduk, le groupe débute avec Axis Mundi. Fernando arbore toujours son casque de la légion romaine et les mimiques demeurent semblables. Le reste des chansons aussi sauf à quelques exceptions qui en valent la peine car Moonspell a dépoussiéré quelques joyaux comme Abysmo et Nocturna mais il reste que ce sont les classiques comme Opium, Vampiria et Alma Mater qui réussissent encore une fois à faire tanguer les fanatiques de la troupe vampirique. Solide comme à son habitude, la formation portugaise propose ce qu’il se fait de mieux dans le genre et le fait que Fernando Ribeiro s’exprime dans un français exquis attire encore plus l’oreille du festif.

Le temps passait, le couvre-feu de 22h00 ne laissait planer rien de très intéressant mais lorsque le groupe s’est exécuté sur Full Moon Madness, pièce qui clôture le concert en général, je croyais pouvoir me diriger tranquillement vers la sortie mais Moonspell est revenu pour compléter la morsure déjà profonde avec Everything Invaded.

Public vieillissant pour le groupe, il est à espérer qu’une certaine relève plus jeune s’intéressera au groupe car d’ici 5 ans, le fanatique dans la quarantaine risque d’abandonner le bateau, ce qui serait dommage car Moonspell demeure un groupe plutôt unique qui fait office de tête directrice dans son créneau !

www.facebook.com/moonspellband

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Yanick Klimbo Tremblay

Suintage métallique et autres bidules!

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